Côte d’Ivoire : portrait d’Hamed Bakayoko décédé 

Le Premier Ministre ivoirien, Hamed Bakayoko, décédé le 10 mars 2021 en Allemagne des suites d’un cancer, était une personnalité charismatique au parcours atypique.

Avant de gravir les échelons pour devenir un pilier de la politique ivoirienne, ce natif de la commune d’Adjamé à Abidjan a grandi au sein d’une famille musulmane de la classe moyenne.

Il part dès la fin du lycée pour le Burkina Faso afin d’y étudier la médecine. Il n’ira pas au bout. Après deux ans, il décide de se consacrer au journalisme dont il fera plus tard sa profession.

A son retour à Abidjan, il commence à militer au sein du mouvement des étudiants et élèves de Côte d’Ivoire, un syndicat proche du parti au pouvoir d’alors, le PDCI-RDA.

Sa rencontre avec Alassane Ouattara au début des années 2000, lui permettra de se tailler une carrure d’homme politique. En 2003, à 38 ans, il devient ministre pour la première fois. Il ne quittera plus le gouvernement.

Au cœur de l’écosystème politique ivoirien, le charismatique Hamed Bakayoko ou Hambak comme les Ivoiriens aimaient bien l’appeler, parvient à conserver des liens de confiance dans les deux camps pendant la crise politico-militaire. La diversification de son réseau lui a permis de s’imposer comme un négociateur dans le jeu politique ivoirien et sous-régional.

Nommé le 30 juillet 2020 en qualité de premier ministre, chef de gouvernement, ministre de la Défense, il aura été à la tâche sur différents fronts, notamment sur celui du dialogue politique et de la cohésion sociale.

Ses toutes premières sorties ont été des visites à certains leaders religieux. Il s’agissait pour lui de requérir leurs prières et soutiens dans la promotion de la paix, du dialogue et de la réconciliation au sein des différentes communautés sociales et politiques ivoiriennes.

Hamed Bakayoko rencontrera par la suite les responsables des partis politiques et de la société civile.

A la veille de l’élection présidentielle d’octobre 2020, il ira à la rencontre des populations de Bonoua, Daoukro, Divo et Gagnoa, des zones qui avaient connu des mouvements de violences et des conflits d’intérêts uniques.

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