Afrique : retour sur les faits marquants de l’année 2020

Des milliards de criquets pèlerins qui envahissent la Corne de l’Afrique, Alpha Condé et Alassane Dramane Ouattara réélus pour un 3ème mandat, Mamadou Issoufou qui favorise l’alternance, Ibrahim Boubacar Keïta renversé par un coup d’Etat militaire, décès du chef de file de l’opposition Soumaila Cissé ou encore Pierre Nkurunziza victime de la Covid-19. Retour sur quelques grands faits qui ont marqué l’actualité du continent africain en 2020.

2020 a débuté par une invasion de criquets pèlerins sur la Corne de l’Afrique. De nombreuses cultures dans plusieurs pays d’Afrique de l’est comme en Ethiopie ou encore en Somalie et au Kenya, ont été réduit à néant, par les criquets pèlerins. Ces insectes migrateurs qui sont estimés à des milliards ont tout consumés sur leur passage. Ce déferlement de criquets pèlerins menace toujours la sécurité alimentaire de l’une des régions les plus pauvres au monde.

Alpha Condé et Alassane Ouattara réélus pour un 3ème mandat

Le président de la Côte d’Ivoire Alassane Dramane Ouattara ainsi que son homologue guinéen Alpha Condé ont tous les deux été réélu pour un troisième mandat controversé. Malgré les résultats du vote, favorable aux deux présidents sortants, à savoir l’ivoirien à 94,27%, et le guinéen à 59,50% des suffrages contre 33,49% pour son principal adversaire Cellou Dalein Diallo, des diverses manifestations liées à ces élections ont fait plusieurs morts dans les deux pays voisins de l’Afrique de l’ouest.

Au Niger, Mamadou Issoufou, le chef de l’Etat sortant à la tête du pays depuis dix ans et deux mandats, ne se présente pas, comme la Constitution le prévoit « J’ai toujours dit que je respecterai les textes», avait-il lancé à l’occasion du premier anniversaire de son investiture pour un second mandat.

Une décision qui a été couronnée de louanges, alors qu’au même moment deux de ses homologues ouest-africains, en Côte d’Ivoire et en Guinée, ont modifié leur loi fondamentale pour s’autoriser un troisième mandat.

Le départ annoncé de Mamadou Issoufou qui marque également la première transition pacifique depuis l’indépendance, en 1960, donne une lueur d’espoir aux citoyens Nigériens qui ont longtemps vécu dans un État affecté par des coups d’États et une culture politique violente.

Le microcosme politique malien bouleversé

Deux mois après avoir été libéré d’une longue captivité par des rebelles islamistes, l’opposant politique malien Soumaïla Cissé est mort à Paris à l’âge de 71 ans, a annoncé vendredi son porte-parole.

« Je confirme que Soumaïla est mort la nuit dernière à Paris, » a déclaré Nouhoum Togo, sans fournir plus de détails.

Le 25 mars 2020, le chef de file de l’opposition malienne, en pleine campagne des élections législatives, est enlevé dans la région de Tombouctou. Après avoir été retenu plus de six mois en otage, Soumaïla Cissé retrouvera sa liberté en octobre alors que le pays est désormais dirigé par les militaires. Après plusieurs mois d’impasse post électorale législatives, le 18 août, le Mali a basculé sur un coup d’Etat sans effusion de sang qui a forcé le président Ibrahim Boubacar Keita à démissionner.

Kabuga et Kamerhe mis sur la touche

L’année 2020 a été également marquée par l’arrestation de Félicien Kabuga au mois de mai. L’homme d’affaires est capturé dans la banlieue parisienne et transféré à la Haye dans l’attente de son procès. Accusé d’être l’une des pièces maîtresses du génocide au Rwanda, Félicien Kabuga était recherché depuis 26 ans.

Mêmement En RDC, le procès historique de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, se referme le 20 juin sur une peine maximale de 20 ans de prison. Il est accusé de détournements de fonds publics et corruption aggravée. Transféré en septembre dernier dans un hôpital de Kinshasa, ses partisans de « l’Union pour la nation Congolaise » dénoncent un acharnement politique.

Pierre Nkurunziza, Jerry Rawlings et Amadou Gon Coulibaly s’en sont allés

Le 8 juin, le Burundi, faisait ses adieux à son président, le guide suprême du patriotisme, Pierre Nkurunziza décédé, selon la version officielle, des suites d’un arrêt cardiaque. On apprendra plus tard que son épouse venait d’être hospitalisée après avoir vraisemblablement contractée la Covid-19. Le Burundi nie alors l’existence du coronavirus et les funérailles nationales se déroulent sans aucun geste barrière.

2020 a été également marqué par la disparition, le 12 novembre, de l’ancien président du GhanaJerry Rawlings. L’une des figures politiques les plus marquantes et charismatiques du continent africain tire sa révérence à 73 ans. Une vague d’hommages submerge l’Afrique et de nombreuses personnalités politiques louent ses combats menés pour l’égalité et l’indépendance du continent.

Inondations, flux noire et fin de plusieurs épidémies

Le 6 août, l’île Maurice se réveille avec une mer souillée par plusieurs tonnes d’huile lourde, répandues après l’échouage du Wakashio sur la côte sud-est du lagon. La négligence gouvernementale provoquera la colère de nombreux Mauriciens.

En outre, environ 800 000 personnes ont été touchées par les inondations depuis juillet dernier au Soudan du Sud. Dans ce pays d’Afrique orientale, le niveau des rivières n’a cessé de monter pour menacer plus de 36 comtés. Les pluies torrentielles ont envahi des villages entiers, des maisons, des terres agricoles et décimé le bétail.

Cependant, il faut rappeler que le continent a malgré tout connu quelques bonnes nouvelles : quatre ans après les derniers cas détectés

au Nigeria, l’Afrique a éradiqué la polio, selon l’Organisation Mondiale de la Santé en Afrique. Le 18 novembre dernier, la République démocratique du Congo déclare la fin de la 11ème épidémie d’Ebola, accentuée par l’accompagnement des urgences sanitaires et le recours aux vaccins.

Nigéria et Cameroun toujours ponctués pas des violences

Les violences sociales au Nigéria ont rendu viral l’hashtag #EndSARS. Lancé comme une protestation contre la brutalité de la brigade spéciale antivol (Sars) de la police, ce slogan est devenu un moyen d’expression pour une jeunesse en colère contre les autorités, pour exiger des changements profonds. Durant plusieurs semaines, la jeunesse nigériane a pris d’assaut la rue pour dénoncer les violences policières. Dans un discours à la nation, le président Buhari appelle à la fin des manifestations et promet de dissoudre la brigade de police.

Pour finir, au Cameroun le 24 octobre, neuf terroristes ont fait irruption dans le collège Mother Francisca International Bilingual Academy et ont ôté la vie à huit jeunes écoliers, âgés entre 9 à 12 ans. Il s’agit du drame de Kumba, survenu dans le sud-ouest du pays, qui a laissé plusieurs familles inconsolables. Après cette attaque l’ONU a appelé au dialogue entre le gouvernement et les séparatistes pour résoudre ce conflit qui immole une partie du pays.

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